Transformer les consciences… pour le futur !

Sauf à être capable de voyager dans le temps, personne ne peut dire de quoi le futur sera fait. De multiples perspectives sont envisageables, un peu comme des mondes parallèles, et que vous soyez de ceux qui imaginent un avenir sombre ou que vous espériez un futur lumineux, une seule chose est certaine : tout est encore possible !

Et puisque tout est possible, tout reste à faire.

Un brin de réalisme suffit pour constater que la nature est au bord du gouffre, et l’humanité, dans une impasse. Il faut donc agir. Certes, mais surtout, il est temps de transformer les consciences pour que ces actions soient nourries par une nouvelle source et permettent une véritable renaissance du monde.

Qu’est-ce que la conscience ?

Depuis l’antiquité, cette notion philosophique anime les débats : est-elle synonyme de raison ou d’esprit ? Est-elle assujettie à l’intelligence, est-elle une expression de l’Âme ? Elle est classiquement définie comme « la connaissance qu’a l’Homme de son état, de ses actes et de leur portée morale ». Vaste programme !

Certains agissent « sans conscience », sans se soucier des effets de ce qu’ils font sur leur environnement (c’est le domaine de l’inconscience) ; d’autres, en agissant, veulent se donner bonne conscience, pour éviter les turpitudes de la mauvaise ; d’autres enfin vont chercher à garder conscience – comme on veille une bougie allumée – pour faire l’effort de concilier les prises de conscience, les choix qui en découlent et les actes qui s’en suivent.

Agir « en conscience » c’est prendre la responsabilité de l’action en appréciant ses répercutions – bonnes ou moins bonnes. Inviter la dimension morale permet de poser les actes dans une perspective plus large qui nous dépasse. Ma famille, mes voisins, les animaux, l’inconnu à l’autre bout du monde, ou la planète toute entière peuvent entrer dans mon champ de conscience. Conscience est sœur d’Inclusivité.

Pourquoi faut-il transformer les consciences ?

Du point de vue d’un matéraliste assumé, le changement est déjà en cours puisque les voitures sont électriques, l’agriculture bio -logique, le plastic devient du bio-plastic, l’éducation est connectée pour être accessible à tous, de partout, et la qualité de vie ne doit pas être si mauvaise puisque l’espérance de vie des hommes vient de franchir la barre des 80 ans et celle des femmes, les 85 ans. Çà change tout, non ?

Il peut être tentant de se laisser leurrer par des promesses délétères (qui corrompent l’esprit), mais la réalité est toute autre : si le monde industrialisé continue allégrement de consommer la planète avec la même folle cadence, au besoin en changeant de matières premières, nous passerons à côté de l’essentielle question de la sobriété. Et c’est là que réside tout le défi aujourd’hui.

Par exemple : consommer « bio » sans chercher à privilégier les produits de saisons, sans se soucier des provenances, ni de l’éthique du magasin dans lequel je fais mes achats, sans modérer les quantités… en bref, sans interroger ma conscience, cela épuisera pareillement les ressources et n’aidera pas le reste du monde à se nourrir.

Transformer sa conscience, permet de s’ouvrir à la solidarité, à la compassion, à la fraternité. Il s’agit d’apprendre à « englober » plus que soi, à intégrer le globe planétaire. Il faudrait oser se réduire pour que l’autre grandisse…

Quelles sont les clés pour se tourner vers le futur ?

Tout d’abord, ne craignons pas de dévoiler la vérité sur nos besoins compulsifs de posséder et nos peurs de perdre ou de manquer. Nous avons grandi en croyant qu’il était normal de défendre ainsi la propriété personnelle, que c’était une question de survie. Mais aujourd’hui l’individualisme forcené vide la Terre de toute substance. C’est notre avidité qui ruine les potentiels d’avenir de toute l’humanité.

Changer cela est une priorité absolue ; la Vie en dépend.

Lorsque ce vice sera délogé de nos consciences en sommeil, nous serons transformés.

Ensuite, la plus grande espérance réside dans la capacité de l’être humain à reconnaitre la Beauté et à être touché par elle. « on ne voit bien qu’avec le cœur, l’essentiel est invisible pour les yeux ! » disait le Petit Prince. Quand la beauté nous impacte, elle réveille notre quête de sens et stimule instantanément notre volonté de la protéger. Ce sont de très bons symptômes d’un changement d’état de conscience !

La beauté que l’on reconnait dans la Nature ou dans l’Art (quand il relève le défi d’en témoigner – ce qui est un autre sujet), ennoblie nos engagements. De fait, nos actes et notre créativité, quelle qu’elle soit, peuvent devenir les reflets fidèles de nos aspirations et l’expression du respect et de la gratitude qui vibrent dans nos coeurs.

A cela peut-être reconnait-on l’être humain du futur ? capable de percevoir toute chose avec une conscience nouvelle, transformée ; habité par une force sur-humaine d’amour pour le sacré de la vie, pour la magnificense de la terre, pour la grandeur de l’humanité face auquelles les grandes puissances économiques et politiques ne peuvent rien.

La seule croissance qui soit infinie est celle de l’être humain qui se relève, qui se révèle et qui choisit d’accueillir le futur et de participer à le bâtir, en toute conscience.

Mars 2020

Fraternellement vôtre,

Nathalie Hilt – nom de code d’écrivaine : Nat Alias

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